mercredi 19 décembre 2012

"A boire et à manger" Vol. 2 (Les pieds dans le plat) de Guillaume Long



On l’avait dit, on l’avait promis en septembre dernier alors que nous chroniquions le premier volume (et pas tome hein, ça ne suit pas donc on dit volume...) d’A Boire et à Manger de Guillaume Long, un deuxième était à paraître. Eh bien voilà, nous y sommes, "Les pieds dans le plat", le 2ème recueil en bédé du blog de ce fameux dessinateur amateur de bonne bouffe est enfin sorti.

Alors oui, qui dit 2ème volume dit suite et dit donc qu’on y trouve sensiblement la même trame que dans le premier, à savoir des recettes forcément, les bons conseils de Pépé Roni, qui nous apprend notamment qu’un Charles de Gaulle n’est pas seulement un porte-avions qui ne marche pas mais aussi le tire-bouchon rigolo avec des bras qui ressemble au général quand il les a en l’air à la fin de ses discours… Mais aussi des récits de voyage, notamment en Suède, le pays des poissons fumés, du gravlax (haha ! Notre recette par ici ) et plus bizarrement du Burger King.

N’en déplaise à certains, oui il s’agit d’un blog, oui le propos met en scène son auteur, mais bon l’expérience culinaire ou gustative n’est-elle pas avant tout subjective ? Ne dit-on pas d’ailleurs « De gustibus et coloribus, non disputandum » comme il est rappelé dans le livre ?? Soit !
Le propos laisse toujours une grande place à l’autodérision, maniée avec beaucoup d’humour et porté par un trait tout aussi drôle. Ça se lit vite, avec le sourire accroché aux lèvres, telle une moule à son rocher… On y apprend plein de trucs, que l’on soit à peine capable de se préparer des œufs brouillés ou que l’on soit plus expérimenté aux fourneaux. On y apprend notamment :
- la vraie recette des pâtes à la carbonara par exemple, pas celle de Jean-Kev qui lui sert à pécho des meufs tavu ; mais celle qui est approuvée par le BCC (Bureau de contrôle della Carbonara),
- la recette du risotto à la butternut  pour les nuls
Mais aussi des recettes plus complexes comme le foie-gras mi-cuit au gros sel, la pintade sur canapé, ou le canard momifié, le fameux « touthankoinkoin », autrement dit le magret de canard séché aux épices…

C’est aussi l’occasion de redécouvrir des légumes oubliés notamment par les adeptes d’aliments rectangulaires.
- Après le brocolounge du volume 1, l’association « Navets, Céléris, Epinards, Choux de Bruxelles et autres légumes maudits mais qui en fait peuvent être délicieux », autrement dit la NCECDBALMMQEFPED, récidive ici en réhabilitant les petits pois frais, les salsifis… 

Pour terminer un conseil : dépêchez-vous de vous procurer ce volume 2 d’A boire et à manger, car non seulement vous aurez un cadeau (une affiche des 10 commandements de la raclette, publiés dans le premier volume) mais en plus vous aurez des idées de cadeaux pour vos amis cuistots. Mais malheureusement pas de moulin à aïl car cet ustensile indispensable est en rupture…


"A boire et à manger" de Guillaume Long (Gallimard 2012) - 125p / 20€
ET LE BLOG!!! >>> avec plein de super astuces de cuisine, c'est par-là : http://long.blog.lemonde.fr/

Et retrouvez l'interview de Guillaume Long dans notre émission du 18 décembre 2012 par-là : CLIQUEZ!!!

Sensuel foie de lotte

La période des fêtes de fin d'année arrive, et avec elles l'incontournable foie gras de canard ou d'oie. Si vous n'avez pas pris vos précautions en le faisant vous-même comme Tanxxx, il est grand temps d'avoir une autre idée. Et pourquoi pas un foie gras de la mer ? Et pas cher du tout ?

Le foie de lotte se trouve chez le poissonnier, frais bien sûr. La lotte et la baudroie désignent le même bestiau, la lotte étant la baudroie SANS la tête. Oui, parce que la baudroie est vilaine de visage. Mais VRAIMENT vilaine. Imaginez un mix entre Nadine Morano et Charles Pasqua... vous l'avez ? Bon.

Vous devrez choisir le foie de lotte le plus clair possible et bien ferme comme un foie d'oie ou de canard. Son prix tourne autour de 4-5€/kg.

Vous rentrerez ensuite en chantonnant chez vous, votre foie de lotte bien au frais dans vos mains (oui ça ne veut rien dire mais on s'en fout).

Une fois dans votre réduit/cuisine/placard, il vous faudra décider : chaud ou froid ?


CHAUD !

Laver le foie de lotte sous l'eau froide. Le dénerver (ou pas d'ailleurs, c'est comme vous voulez). L'escaloper (attention, étape très sensuelle. Rien que le mot déjà, c'est superbe.). Fariner légèrement les morceaux, puis les faire dore 5 à 7 minutes de chaque côté dans une poêle avec un peu d'huile d'olive. Ajouter en fin de cuisson un peu d'ail et de persil haché. On peut aussi déglacer la poêle avec un peu de vinaigre puis verser sur les tranches avant de servir avec une petite salade, un chutney d'oignons,... bref, comme un "vrai" foie gras !


FROID !

Alors là, facile ! Le foie de lotte se prépare en bocaux comme un foie gras.

Tasser les morceaux dans un bocal, essayer de les enrouler sur eux-même. Un petit conseil : éviter de les couper, quitte à tasser pour mettre tout. Ajouter des épices, du sel, du poivre, des baies,... et stériliser à la cocotte ou au four 40 minutes. Laisser refroidir, et dès le lendemain vous pourrez vous faire des pleines ventrées de tranches de foie de lotte sur des toasts.

Pour info, si vous en trouvez du tout-prêt dans le commerce, il vous faudra débourser environ 10 fois le prix du frais au kilo. La preuve qu'on peut se faire VRAIMENT plaisir pour pas grand chose. D'ailleurs, on n'arrête pas de vous le dire dans l'émission !

Pour réécouter cette dernière émission de l'année 2012, avec notamment les interviews des deux super dessinateurs Tanxxx et Guillaume Long, il vous faudra cliquer ICI !

mercredi 5 décembre 2012

La Saint-Jacques, sprinteuse délicieuse

Qui n'aime pas les coquilles Saint-Jacques ? Hein ? Qui ? Qu'il se dénonce alors, parce que ça, c'est moche. Très moche.
Cette photo est minable. Je sais.

La coquille Saint-Jacques est belle, délicieuse et complètement de saison en ce moment. Faites-moi plaisir, achetez-la au marché, entière, avec les coquilles (qui feront ensuite de très jolis cendriers à offrir à votre belle-mère ou à vos cousins pénibles. Pensez-y.). Côté prix, vous pourrez les trouver ici autour de 4€/kg si vous les prenez par 5kg par exemple, et jusqu'à 6.90€/kg. Si vous vivez en Vendée, demandez celle de l'Aiguillon-sur-Mer (tant qu'à faire bien les choses, autant consommer local).

Mais tout d'abord : la coquille Saint-Jacques, qui est-elle et quels sont ses réseaux ? 

La coquille Saint-Jacques que l'on pêche en France métropolitaine se nomme en réalité Pecten Maximus. Oui, on dirait un nom de Pape, et non je ne m'étendrai pas plus sur le sujet. C'est un mollusque bivalve qui existerait depuis 570 millions d'années (environ hein). Si vous prévoyez un diner en tête-à-tête avec une Saint-Jacques,sachez qu'elle possède des yeux catadioptriques. Pensez également qu'elle est une super sprinteuse : elle est ainsi capable de se déplacer très rapidement sur de courtes distances en claquant ses valves et en expulsant l'eau ("clac clac clac". Bon là évidemment, par écrit, ça rend moyen. Mais réécoutez l'émission et vous entendrez une parfaite imitation de la coquille qui s'enfuit). Enfin, une coquille Saint-Jacques vit à l'état sauvage une vingtaine d'années.

La pêche est très encadrée en France : elle est autorisée par arrêté ministériel du 1er octobre au 15 mai et se fait en draguant le fond de l'océan.

Celle que vous trouvez congelée ou présente dans la plupart des plats préparés n'est souvent pas de la vraie coquille Saint-Jacques. Pour le savoir il suffit de regarder l'étiquette : s'il n'y a pas de Pecten Maximus, alors vous mangez d'autres noix, souvent des pétoncles venues de pêches au Canada, en Australie, Argentine,  Pérou ou encore d'élevages en Asie. Si les noix sont très grosses, il est également possible qu'il s'agisse de poisson de type congre, découpé à l'emporte-pièce, dont la texture rappelle la noix de Saint-Jacques...

Quand vous préparerez vos coquilles Saint-Jacques, pensez à bien garder les deux barbes en plus des noix ! Lavez-les bien sous un filet d'eau, et coupez-les en petits morceaux. Ensuite, faites-les revenir dans du beurre avec une petite échalote hachée, un peu de vin blanc, du sel, du poivre. Laissez compoter un bon quart d'heure et servez ça avec des petits toasts grillés. Et c'est excellent, croyez-moi.


Et pour vos noix de Saint-Jacques, je vous conseille une recette toute simple et délicieuse :

Les noix de Saint-Jacques flambées au whisky

Pour 4 personnes : 12 noix de St-Jacques, 5 cl de whisky, 2 c.à s. de crème fraiche épaisse, sel, poivre.

Laver et éponger les noix de St-Jacques. Dans du beurre bien chaud, les faire saisir 2 minutes de chaque côté. Verser le whisky dans le fond de la poêle. Éloigner un peu votre tête de la gazinière (surtout si vous avez les cheveux longs) et flamber. Une fois que la flamme a disparu, verser la crème fraiche et la laisser fondre un peu. Saler, poivrer. Servie accompagnée d'une poêlée de shiitakés persillée, cette recette est juste parfaite : simple, rapide et pas (trop) onéreuse.





lundi 3 décembre 2012

Hoummous Economicus : où comment manger des légumineuses à pas trop cher

On a évoqué dans l'émission du 27 novembre les résultats de l'Etude de NutriNet Santé publiés le jeudi 22 novembre dernier sur "les apports de fibres alimentaires dans la consommation française", bien en deçà des apports quotidiens recommandés. Mais comme tout le monde le sait (ou en tout cas si vous ne le saviez pas, vous le saurez), les fibres permettent de diminuer de manière significative les risques de maladies cardiovasculaires, d'obésité, de diabète ou encore de cancer colo-rectal...

Les fibres ce sont les fruits, les légumes, le pain, les aliments complets (riz, pâtes) et les fameuses mais trop souvent boudées légumineuses (pois cassés, lentilles vertes/corail, haricots, soja, pois chiche, etc.). Trop d'idées reçues les concernant ("c'est long et chiant à préparer", "ça m'rappelle la cantine", "ça fait péter", j'en passe et des meilleures...). Alors qu'il suffit d'anticiper un peu, de bien les agrémenter et bien les cuire pour mettre à bas toutes ces excuses fallacieuses!

Et pour vous donner une idée (parmi tant d'autres) de préparation plutôt simple et bonne à faire, je vous propose une petite recette de Hoummous (ou "Hummus") tirée du super livre de Claude Aubert, "Fabuleuses Légumineuses" (Ed. Terre Vivante). Plutôt que de bouffer du hoummous industriel sans goût avec je ne sais quel conservateur dégueu et des produits de base d'origine douteuse, voilà une recette avec un temps de préparation d'environ... Allez, pour les bras cassés, une demie-heure!

Pour environ 300g de hoummous à consommer, prévoyez :

Los ingredientes
  • 100g de pois chiches secs (si vous préférez de la boîte, c'est votre problème mais les proportions ne seront plus bonnes hahaha)
  • 3 cuillères à soupe rases de Tahin (c'est en grosse partie ce qui donne le goût, dispo en magasin bio ou épicerie orientale)
  • le jus d'un 1/2 citron
  • 2 à 3 gousses d'ail (si vous aimez l'ail, allez-y franco)
  • une grosse pincée de gros sel

Comment procéder?

Avant de se lancer bille en tête dans la conception de ce met merveilleux , le maître-mot dans le cuisinage des légumineuses ou plutôt des pois chiches, c'est le trempage : il faut AN-TI-CI-PER (en tout cas en ce qui concerne les pois chiches, ce qui n'est pas le cas des lentilles par exemple).

Pensez à vérifier le niveau d'eau dans la
casserole quand les pois chiches cuisent...


L'avant veille au soir, on fait d'abord tremper ses pois chiches toute la nuit.
La veille on les fait cuire, 2h à petit bouillon.
Voilà enfin le jour J, on se retrousse les manches et :
  • On réduit les pois chiches en purée. Alors il y a l'école de ceux qui enlèvent la peau des pois chiches. Autrement dit une mise en danger extrême de votre patience. Personnellement j'ai tenté les 2, bah avec ou sans les peaux, ça ne change pas grand chose. Donc vous pouvez laisser les peaux et activer votre mixeur, c'est parti.
  • Délayer le tahin avec le jus de citron
  • Ecraser l'ail avec le gros sel (faîtes comme sur les images!)


Mélanger le tout, vous pouvez allonger avec un peu d'eau pour que ce soit pas trop sec. Mais pas trop non plus, le hoummous ne devant pas être trop onctueux.
Et voilà, votre hoummous est prêt à consommer! Idéal à l'apéro sur des petits toasts grillés, en base de sandouiches, etc., etc.

Coût de la recette : A peine 1€ de tahin (bocal 350g environ 5€), un demi-citron 0,25€, ail 0,20€, pois chiches entre 30 et 45 centimes = prix max pour un peu plus de 300g de hoummous = entre 1,75 et 1,90€.
Allez, 6€ au kilo au lieu de 12€ pour une préparation industrielle, pas mal!



vendredi 30 novembre 2012

Ô délice de soupe à l'ail - Le Plat du Pauvre

Le tourin est sans doute une des meilleures soupes de l'hiver. L'ingrédient principal ? L'ail. Ah mais ne criez pas comme ça hein ! La soupe à l'ail n'est pas forte et ne provoque pas une haleine aux relents de ragondin crevé. En plus, quand on connait les vertus spécifiques à l'ail, elle est toute indiquée pour lutter contre les maux des premiers froids. A l'origine, le tourin périgourdin est composé d'ail, de graisse d'oie ou de canard, d'eau, sel, pain, poivre et vinaigre. Des déclinaisons existent, notamment dans le Berry, avec une cuisse d'oie confite (tourin à l'aoucou), un roux à base d'oignons (tourin à la poulette) ou encore au chou rave (tourin aux raves). Ici vous trouverez la recette de la Saignante telle qu'elle en mangeait chez ses parents quand elle était môme.

Ingrédients :
1 tête d'ail (pas une gousse hein, la tête entière) - 1 petit oignon - de l'huile d'olive - 2-3 pommes de terre - 1.5 L d'eau - persil -sel - poivre

Préparation :
Eplucher l'ail, enlever le germe. Couper l'oignon épluché. Faire revenir le tout dans un peu d'huile d'olive. Ajouter les pommes de terre. Recouvrir d'eau et laisser cuire 20 minutes environ. Saler poivrer puis mixer. La soupe doit être bien onctueuse. Servir chaud avec un peu de persil ciselé.

Simple, pas cher et délicieux. Un vrai plat de pauvre !

lundi 26 novembre 2012

Gravlax mon amour

Aaaaaaah le gravlax ! Rien que le nom, ça fait rêver non ? Oui bon d'accord on dirait le nom d'un médicament pour soigner les maux d'estomac mais à vrai dire une fois qu'on y a goûté, le gravlax pourrait bien tout soigner tellement c'est bon !

Le gravlax est une recette scandinave, réalisée à l'origine avec du saumon cru. Bien entendu le poisson doit être extrêmement frais. Pour plus de précautions, congelez les filets au moins 24H avant de les préparer. L'idée est toute bête mais très efficace : le poisson cru est recouvert d'un mélange de sel, sucre et épices, puis laissé au frais 2-3 jours. Le résultat est bluffant : on dirait à s'y méprendre du poisson fumé avec un goût encore plus fin. Avis aux cuistots débutants, c'est vraiment très simple ! Tous les poissons sont utilisables, à condition que les chairs soient fermes.
Alors pour changer du saumon, nous avons réalisé un gravlax de thon !

Il vous faut :
Un beau filet de thon blanc bien frais
Un ou deux ou trois filets de poisson cru avec la peau - la moitié de leur poids en gros sel (de mer hein, pas de mine) - 1/3 de leur poids en sucre (roux si possible) - du poivre blanc de préférence - des épices (baies roses par exemple ou selon votre envie) - des herbes fraiches (un gros bouquet) : aneth, estragon, persil,...

Le filet de poisson doit être propre, épongé. S'il a des arêtes enlevez-les à la pince à épiler. Placez-le dans un plat, peau en bas.


Le mélange sel/sucre/épices

Mélangez le sel, le sucre, les épices et les herbes fraiches. Jusque là tout va bien, ça ne demande pas de grands cours de cuisine.







Recouvrez ensuite votre filet de poisson avec cette préparation. Appuyez avec vos doigts de manière à bien faire adhérer le mélange sel et sucre sur tous les côtés. 



Mettez le plat au frigo pendant 2-3 jours. Videz le jus qui s'y forme toutes les 12H environ. Le gravlax est prêt lorsque le filet est ferme au toucher. A ce moment seulement vous pourrez le rincer et l'éponger avec un linge ou du papier absorbant. Découpez en tranches fines et servez avec une petite sauce yaourt ou sur des petits toasts. Il ne devrait pas vous durer plus de 2 ou 3 jours tellement ça déboite...

Gravlax je t'aime.

dimanche 25 novembre 2012

Le Sale Gosse - La Roche-sur-Yon (85) - Il a bien mangé le monsieur ?

Le restaurant Le Sale Gosse à La Roche-sur-Yon (85)



Pour les nostalgiques de l’époque Gaz’Bar, sachez que si l’endroit n’existe aujourd’hui malheureusement plus, il n’a pas été remplacé par un banal marchand de godasses ou un vulgaire blanchisseur de dents, mais est demeuré un haut lieu culturel. 
Car oui, je l’affirme bien haut : « La cuisine, c’est de la CULTURE ! » 

Le Sale Gosse a donc ouvert ses portes en avril de cette année et nous propose, c’est tout à son honneur, une « Cuisine du Marché » (c’est indiqué en gros sur la porte d’entrée).
Superbe boulot d’aménagement, la déco est plutôt classe sans tomber dans le petit doigt en l’air, pour une ambiance assez conviviale, sans avoir non plus l’impression de manger à la cantine et déguster les conversations des autres clients du resto.
De plus, la cuisine ouverte sur la salle invite à la confiance envers le chef et sa prédisposition à ne pas servir la cuisine micro-ondes des 75% des « restaurateurs » français abonnés chez Métro (voir le site www.restaurantsquifontamanger.fr).
Et c’est bien le cas ! Ici la carte change toutes les semaines et propose 3 entrées/3 plats/3 desserts (ce qui est également gage de confiance) concoctés avec des produits de saison. JUSQU’ICI TOUT VA BIEN ! Mais la suite aussi n’est pas mal, pas d’inquiétude.
Après avoir déjà testé par deux fois cette enseigne, il était temps de passer à la critique publique ! La première fois conquis, la deuxième un petit peu moins et cette fois-ci un peu pareil que la deuxième, mais bon, il faut dire que quand c’est bien, on est plus tatillon. En tout cas quand les détracteurs disent que les assiettes ne sont pas remplies, c’est clair qu’on ne vient pas ici pour se remplir la panse mais bien manger, et le triptyque entrée/plat/dessert se suffit vraiment à lui-même, on en sort jamais avec la dent creuse.

QU’EST CE QU’ON A MANGÉ ?
Parce que nous étions deux et qu’en bons professionnels amateurs on se doit d’être exhaustif, nous avons choisi des mets différents :
En entrée :
La délicieuse soupe Thaï au poulet et lait de coco
  • saumon cuit à basse température d’un côté, accompagné de sa sauce citronnée wasabi
  • soupe thaï de l’autre, au poulet et lait de coco, avec des petits bouts de tofu. Ce qui m’a personnellement réconcilié avec le tofu suite à l’expérience gustative dramatique d’un tofu maison mal préparé… 
Entrées = RAS, sinon que c’était délicieux.

En plat de résistance :       
Le "risqué" jarret de cochon laqué au gingembre
  • Filet de bœuf (origine UE) accompagné de sa poêlée de grenaille et de champignons. Pas de vulgaires champignons de Paris, ce qui est toujours appréciable, cuisson SAIGNANTE (évidemment) impeccable, plutôt une belle pièce… Cool.
  •  Jarret de cochon laqué au gingembre et ses légumes aux herbes. Bon, le jarret c’est toujours un pari risqué. Une chance sur deux d’avoir un os énorme, un gras prééminent et assez peu de viande. Pas de chance pour moi, c’était le cas. Heureusement que le filet de bœuf était bien servi, j’ai pu en faire profiter mon estomac viandard grâce à la générosité de ma convive saignante. 
Donc une résistance un peu mitigée, mais plutôt pas mal quand même.

Enfin les desserts :
  •            Samoussa aux pommes et espuma fromage blanc : super
  •         Entremet au chocolat au lait et griottes : 2 fois super
      Desserts = au risque de me répéter, RAS, sinon que c’était délicieux.

QU’EST-CE QU’ON A BU ?

Passavant mon amour
Nous qui étions ravis de trouver à la carte ce délicieux Anjou bio qu’est celui du Château de Passavant, en blanc (chenin) et en rouge (90% Cabernet rouge et 10% Grolleau noir) et qui plus est servi au verre et à pas cher, quelle ne fut pas notre déception de constater sa disparition ! Plus de vin bio à la carte donc, hormis le Mareuil de Mourat (en conversion). Va donc pour le Mourat en blanc en apéro et entrée, très correct au demeurant.
Et entrer dans la résistance, un Fronton pour la saignante. Un vin un peu trop charpenté au bois, pas très apprécié. Et pour le saignant, un St Nicolas de Bourgueil peut-être un jeune mais plutôt bon. On le regrette notre Passavant…

On n’a pas pris de dijo mais la carte est alléchante en tout cas, le ravitaillement se faisant au Comptoir du Poulpe, gage de qualité et d’originalité.

Les plus, les moins…
Commençons par les moins :
  •          La disparition du Passavant mais on l’a déjà dit ! Et plus de vin bio à la carte.
  •         Le supplément de prix pour le 3ème plat de résistance, « Noix de St Jacques, Nouilles Udon, écume de curcuma frais », alors qu’on est en pleine saison des St Jacques et qu’elles sont plutôt bon marché en ce moment.
  •          L’origine de la viande de bœuf « UE ». Y’a quand même de très bons artisans bouchers au marché qui proposent de la viande chauvine.
  •          Les desserts à base de bonbons ou préparations industriels, c’est sûrement bon, ça cultive la nostalgie des Kidults mais bonjour la dose de sucre ! (par ex. le 3ème dessert : « Petit pot de crème carambar, compote poire banane, biscuit sablé ». Mouais).

 Et les plus, qu’il faut surtout retenir! :
  •           L’audace de la cuisine et son renouvellement hebdomadaire, une gageure mais un défi souvent réussi.
  •          LA FRAÎCHEUR  des produits et le respect de la saisonnalité.
  •          LE PRIX : une formule entrée/plat/dessert à un peu moins de 20€ le soir avec une vraie cuisine, c’est suffisamment rare pour être noté.
  •          LE SERVICE : impeccable, souriant, agréable, disponible et discret, rien à dire.
  •          Une ambiance toujours agréable également, un endroit où l’on se sent bien.
  •          Toujours une proposition sans viande dans le choix de la carte, ce qui est toujours appréciable pour les gens ne mangeant pas de viande.


Pour conclure, une adresse que l’on recommande et où l’on a envie de revenir pour savoir à quelle sauce le chef va nous manger !

Pratique
Le Sale Gosse, 7 rue De Gaulle à La Roche/Yon
Ouvert du mardi au samedi le midi et du jeudi au samedi le soir.
Réservation ultra-conseillée ! (c’est souvent plein) : 02 51 42 51 49


(Crédits photo : Le Sale Gosse)


Addendum du 10 février 2013 

Depuis le début d'année, il y a eu quelques changements au Sale Gosse. On a pu constater :
- Une évolution des tarifs avec 2 formules composées de 2 entrées / 2 plats / 2 desserts au choix : 
                       - Le Menu du Marché : 
Formule complète : 20.50 €
Entrée +Plat / Plat +Dessert : 16.50€
Entrée : 7.50 €
Plat : 13.50 €
Dessert : 6.50 €


                      - L'Ardoise de Saison
Entrée- Plat ou Plat- Dessert : 21, 50 €
Entrée - Plat – Dessert : 26.50 €
Entrée : 8.50 €
Plat : 15.00 €
Dessert : 7.50€


- Les menus ne sont plus renouvelés chaque semaine mais toutes les trois semaines.

- Enfin, nous avions apprécié le respect de la saisonnalité des produits travaillés. Force est de constater que l'on s'en éloigne un peu, en témoigne notamment cette semaine la présence de l'entrée "Œuf mollet, crème de courgettes et chèvre" (les courgettes du mois de février sont les meilleures...) ou encore, plus embêtant puisque trouvés dans l'Ardoise de Saison (quelle saison au fait ?) un coulis de poivrons rouges et un papeton d'aubergines. Gageons qu'il ne s'agisse que d'une spécificité propre à ce mois-ci...



Mise à jour du 15 janvier 2014 : retour entre amis en ce mois de janvier : sashimi de thon, sandre, pièce de bœuf polenta, pithiviers,.. C'était une belle soirée et un très bon repas, avec des produits de saison, et service impeccable. Par contre, toujours pas de vin bio proposé à la carte... malgré le choix possible chez leur fournisseur, et à prix tout à fait corrects ! Dommage. Un peu de lecture sur ce sujet ?